samedi 8 mars 2014

Charles Trudaine, seigneur de Montigny-Lencoup

La famille Trudaine pendant quatre générations a marqué l'histoire de Montigny-Lencoup. C'est Charles qui achète le château et la seigneurie en 1694.

Charles Trudaine est baptisé le 3 janvier 1660 à Paris, Saint Nicolas des Champs. Il est le fils de Charles, trésorier de France à Amiens puis maître des Comptes à Paris à partir de 1655. Les généalogistes pourront trouver son ascendance en annexe.
Il est d’abord conseiller au Parlement en 1684 puis il est nommé maître des Requêtes en 1689, Intendant de Lyon de 1705 à 1710, enfin Intendant de Bourgogne jusqu’en 1711, année où il rentre au Conseil d’Etat.
En 1716, il est nommé prévôt des marchands de Paris (à quelques choses près, équivalent actuel du maire de Paris). Il va être révoqué par le Régent en 1720, au moment des spéculations du Mississipi ; il défendait trop durement les intérêts de la ville de Paris contre les agissements de Law. Les parisiens perpétuent sa mémoire avec l’avenue Trudaine.
Charles Trudaine épouse le 7 janvier 1701 Renée Madeleine de Rambouillet, dame de la Sablière qui lui donne trois filles et deux garçons. Le premier dit « chevalier de Trudaine » est mort jeune et le second, Daniel Charles que ses contemporains appelleront «  le Grand Trudaine » sera l’occasion d’un prochain article.
Charles Trudaine décède le 21 juillet 1721 à Paris, sa femme y décédera le 20 novembre 1746.

Seigneur de Champigny par sa mère, Charles Trudaine achète la seigneurie de Montigny-Lencoup à la chambre des Requêtes de Paris le 20 septembre 1694. Mais qu’est-ce qu’une seigneurie ? Un fief à deux facettes :
·        Le foncier divisé en deux parties, la ‘réserve’ que le seigneur exploite directement à travers ses fermiers et les ‘tenures’ où les paysans et laboureurs propriétaires de leur terre (au sens actuel) paient au seigneur le cens (équivalent de notre impôt foncier).
·        La seigneurie banale qui est un ensemble de services (obligatoires !) fournit par le seigneur contre des redevances. Ce sont des péages sur les marchandises, des installations comme le moulin, le four ou le pressoir, mais aussi l’organisation de la police et de la justice.
Au Moyen-Age le seigneur pouvait diviser son fief et vendre des arrière-fiefs, les vassaux ainsi créés versaient une redevance à charge d’une partie de la seigneurie ou simplement de l’un des droits banaux.
A la fin du XVIIe siècle, il faut augmenter la réserve foncière pour avoir un rapport suffisant et les services banaux ont disparu hormis la justice qui elle s’est spécialisée.
En 1704, Charles Trudaine achète trois arrière-fiefs de Montigny : Pré Bertin démoli peu après, Maison Neuve aussi démoli et le château et la ferme de Bel Orme également démolis.
Plan extrait de la monographie de Montigny-Lencoup (AD 77, 30 Z 442)

On voit encore, sur ce plan du XVIIIe siècle l’emplacement de ces trois fiefs au nord de la commune. En 1715, il achète la seigneurie de Villeneuve-le-Comte (aujourd’hui Villeneuve-les-Bordes) qu’il réunit à celle de Montigny. Son fils Daniel continuera cette politique d'agrandissement de la seigneurie et de rachat d'arrière-fiefs.

Ascendance
1 - Charles Trudaine 1659-1721

Génération 2
2 - Charles Trudaine 1616-1666
3 - Anne-Marguerite Joly 1633-1725

Génération 3
4 - Jean Trudaine †1666
5 - Anne Laisné †1661

Génération 4
8 - Jean Trudaine †
9 - Marie Laloyer †
10 - Aubin Laisné †1629
11 - Catherine Passart 1564-1640

Génération 5
22 - Pierre Passart †
23 - Claudine Merlin †1582

Génération 6
44 - Pierre Passart †1549
45 - Marie Le Loup †1560

Génération 7
88 - Berthelot Passart †1530
89 - Robine Fromentin †1546

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