La famille Trudaine pendant quatre générations a marqué l'histoire de Montigny-Lencoup. C'est Charles qui achète le château et la seigneurie en 1694.
Charles Trudaine est baptisé le 3 janvier 1660 à Paris, Saint Nicolas des
Champs. Il est le fils de Charles, trésorier de France à Amiens puis maître des
Comptes à Paris à partir de 1655. Les généalogistes pourront trouver son
ascendance en annexe.
Il est d’abord conseiller au Parlement en 1684 puis il est
nommé maître des Requêtes en 1689, Intendant de Lyon de 1705 à 1710, enfin
Intendant de Bourgogne jusqu’en 1711, année où il rentre au Conseil d’Etat.
En 1716, il est nommé prévôt des marchands de Paris (à
quelques choses près, équivalent actuel du maire de Paris). Il va être révoqué
par le Régent en 1720, au moment des spéculations du Mississipi ; il défendait
trop durement les intérêts de la ville de Paris contre les agissements de Law.
Les parisiens perpétuent sa mémoire avec l’avenue Trudaine.
Charles Trudaine épouse le 7 janvier 1701 Renée Madeleine de
Rambouillet, dame de la Sablière qui lui donne trois filles et deux garçons. Le
premier dit « chevalier de Trudaine » est mort jeune et le second, Daniel
Charles que ses contemporains appelleront « le Grand Trudaine » sera
l’occasion d’un prochain article.
Charles Trudaine décède le 21 juillet 1721 à Paris, sa femme y décédera le 20
novembre 1746.
Seigneur de Champigny par sa mère, Charles Trudaine achète
la seigneurie de Montigny-Lencoup à la chambre des Requêtes de Paris le 20
septembre 1694. Mais qu’est-ce qu’une seigneurie ? Un fief à deux
facettes :
·
Le foncier divisé en deux parties, la ‘réserve’ que le
seigneur exploite directement à travers ses fermiers et les ‘tenures’ où les
paysans et laboureurs propriétaires de leur terre (au sens actuel) paient au
seigneur le cens (équivalent de notre impôt foncier).
·
La seigneurie banale qui est un ensemble de services
(obligatoires !) fournit par le seigneur contre des redevances. Ce sont
des péages sur les marchandises, des installations comme le moulin, le four ou
le pressoir, mais aussi l’organisation de la police et de la justice.
Au Moyen-Age le seigneur pouvait diviser son fief et vendre
des arrière-fiefs, les vassaux ainsi créés versaient une redevance à charge
d’une partie de la seigneurie ou simplement de l’un des droits banaux.
A la fin du XVIIe siècle, il faut augmenter la
réserve foncière pour avoir un rapport suffisant et les services banaux ont
disparu hormis la justice qui elle s’est spécialisée.
En 1704, Charles Trudaine achète trois arrière-fiefs de Montigny : Pré Bertin démoli peu après, Maison Neuve aussi démoli et le
château et la ferme de Bel Orme également démolis.
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| Plan extrait de la monographie de Montigny-Lencoup (AD 77, 30 Z 442) |
On voit encore, sur ce plan du XVIIIe siècle l’emplacement de
ces trois fiefs au nord de la commune. En 1715, il achète la seigneurie de
Villeneuve-le-Comte (aujourd’hui Villeneuve-les-Bordes) qu’il réunit à celle de
Montigny. Son fils Daniel continuera cette politique d'agrandissement de la seigneurie et de rachat d'arrière-fiefs.
Ascendance
1 -
Charles Trudaine 1659-1721
Génération
2
2 -
Charles Trudaine 1616-1666
3 -
Anne-Marguerite Joly 1633-1725
Génération
3
4 -
Jean Trudaine †1666
5 -
Anne Laisné †1661
Génération
4
8 -
Jean Trudaine †
9 -
Marie Laloyer †
10 -
Aubin Laisné †1629
11 -
Catherine Passart 1564-1640
Génération
5
22 -
Pierre Passart †
23 -
Claudine Merlin †1582
Génération
6
44 -
Pierre Passart †1549
45 -
Marie Le Loup †1560
Génération
7
88 -
Berthelot Passart †1530
89 - Robine Fromentin †1546
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