lundi 17 février 2014

Campagne de France



Le 17 février 1814, dès trois heures du matin, Napoléon est debout. Mormant est enlevé par le 32e de ligne et les Russes sont poursuivis jusqu'à Maison Rouge, c’est une victoire. L'empereur, qui vient de faire avec ses hommes 94 kilomètres en deux jours, couche à Nangis et envoie le maréchal Victor, dont les troupes sont fraîches, prendre le soir même le pont de Montereau pour couper en deux l'armée de Schwarzenberg dont une partie s'était aventurée jusqu'à Fontainebleau.

La Grande Croix
Entre Valjouan et la Grande Croix sur la route de Villeneuve les Bordes à Coutençon, les hommes de Victor se heurte aux cavaliers bavarois de Lamotte. Le général Gérard engage la bataille et coupe la ligne de retraite des bavarois sur la route de Donnemarie au niveau de la Haye Jutard. Deux cents jeunes cavaliers du 8e Cuirassier se jettent sur les soldats de Joseph II et de Schwarzenberg à coups de sabre, de pistolets et même de pierres, en tuent trois cents et ne font pas de prisonniers... Cet épisode est resté dans l’histoire sous le nom de « bataille de Nangis ».
Le maréchal Victor, estimant ses hommes fatigués, va dormir au château de Salins à sept kilomètres de Montereau. Dans la nuit les autrichiens repassent le pont de Montereau sauvant la cavalerie de Colorédo avancée en forêt de Fontainebleau, le 1er corps aventuré vers Moret et le 5e corps entre Montereau et Bray. Sans l'inaction de Victor, l’armée de Schwarzenberg aurait été coupée en deux et il est fort probable que le cours de la campagne de France en eut été changé (mais avec des si…).
Le 18, l’empereur déjeune à Villeneuve lorsqu'il apprend que Victor n’a pas pris le pont de Montereau mais qu’il a dormi ‘dans des draps blancs’ ; il le limoge sur le champ. Celui-ci viendra le lendemain plaider sa cause, invoquant la fatigue de ses soldats et la réouverture de sa blessure de guerre, et il sera entendu puisque Napoléon lui donnera le commandement de sa garde rapprochée.

Que reste-t-il de ces combats de nos jours ? Sur les registres d’état civil, de la victoire de Guignes le 16 février à celle de Montereau le 18, il n’y a presque rien. Deux morts à Mormant et un à Montigny-Lencoup. A chaque fois, de grands blessés recueillis par des habitants et morts quelques jours plus tard.
Les vieux de Villeneuve racontent que lors du curage de la mare pour rénover le lavoir, les ouvriers ont remonté de nombreux ossements.
En 1866 M. Jacquel, propriétaire de la Grande Croix et maire de Villeneuve a fait reconstruire une croix en hommage aux morts enterrés sommairement dans cet enclos.
Le Comte d’Haussonville a fait ériger à Villeneuve en 1888 une poivrière (colonne triangulaire) pour rappeler l’emplacement de la modeste auberge Lecomble où Napoléon a déjeuné le 18 février, au croisement des D.201 et D.213, en diagonal du château d’eau.

La petite histoire raconte que, pour faire le point sur l’attaque de Montereau, Victor avait réuni son état-major à l’auberge de Montigny-Lencoup où officiait une accorte servante qui l’occupa toute la soirée … La fatigue de ses soldats était une fausse excuse.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire