Le 17 février 1814, dès trois heures
du matin, Napoléon est debout. Mormant est enlevé par le 32e de ligne
et les Russes sont poursuivis jusqu'à Maison Rouge, c’est une victoire.
L'empereur, qui vient de faire avec ses hommes 94 kilomètres en deux jours,
couche à Nangis et envoie le maréchal Victor, dont les troupes sont fraîches,
prendre le soir même le pont de Montereau pour couper en deux l'armée
de Schwarzenberg dont une partie s'était aventurée jusqu'à Fontainebleau.
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| La Grande Croix |
Le maréchal Victor, estimant ses
hommes fatigués, va dormir au château de Salins à sept kilomètres de Montereau.
Dans la nuit les autrichiens repassent le pont de Montereau sauvant la
cavalerie de Colorédo avancée en forêt de Fontainebleau, le 1er
corps aventuré vers Moret et le 5e corps entre Montereau et Bray. Sans l'inaction de Victor, l’armée de Schwarzenberg aurait été coupée en deux et il est fort probable que le cours de la campagne de France en eut été
changé (mais avec des si…).
Le 18, l’empereur déjeune à Villeneuve lorsqu'il apprend que Victor n’a pas pris le pont de Montereau mais qu’il a dormi ‘dans des draps blancs’ ; il le limoge sur le champ. Celui-ci viendra le lendemain plaider sa cause, invoquant la fatigue de ses soldats et la réouverture de sa blessure de guerre, et il sera entendu puisque Napoléon lui donnera le commandement de sa garde rapprochée.
Le 18, l’empereur déjeune à Villeneuve lorsqu'il apprend que Victor n’a pas pris le pont de Montereau mais qu’il a dormi ‘dans des draps blancs’ ; il le limoge sur le champ. Celui-ci viendra le lendemain plaider sa cause, invoquant la fatigue de ses soldats et la réouverture de sa blessure de guerre, et il sera entendu puisque Napoléon lui donnera le commandement de sa garde rapprochée.
Que reste-t-il de ces combats de nos
jours ? Sur les registres d’état civil, de la victoire de Guignes le 16 février
à celle de Montereau le 18, il n’y a presque rien. Deux morts à Mormant et un à
Montigny-Lencoup. A chaque fois, de grands blessés recueillis par des habitants
et morts quelques jours plus tard.
Les vieux de Villeneuve racontent
que lors du curage de la mare pour rénover le lavoir, les ouvriers ont remonté
de nombreux ossements.
En 1866 M. Jacquel, propriétaire de
la Grande Croix et maire de Villeneuve a fait reconstruire une croix en hommage
aux morts enterrés sommairement dans cet enclos.
Le Comte d’Haussonville a fait
ériger à Villeneuve en 1888 une poivrière (colonne triangulaire) pour
rappeler l’emplacement de la modeste auberge Lecomble où Napoléon a déjeuné le
18 février, au croisement des D.201 et D.213, en diagonal du château d’eau.
La
petite histoire raconte que, pour faire le point sur l’attaque de Montereau,
Victor avait réuni son état-major à l’auberge de Montigny-Lencoup où officiait
une accorte servante qui l’occupa toute la soirée … La fatigue de ses soldats
était une fausse excuse.

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